ATELIER 3
CIRCULATION DES BIENS,
DES SERVICES ET DES CAPITAUX


L'accord pour la création d'une zone de libre-échange en Méditerranée postule notamment que l'intensification des échanges commerciaux et la suppression des droits de douane conduiront à la voie royale de la croissance et de la création d'emplois.

Cependant, l'accord passe quasiment sous silence le secteur de l'agriculture, le développement des échanges sud-sud, l'état des dettes extérieures des pays du Sud. Quant aux moyens financiers, le principe du partenariat repose essentiellement sur la mobilisation des financements compensatoires du programme MEDA et sur la logique de l'investissement direct des entreprises étrangères.
La pertinence d'une politique ambitieuse de formation et d'échange de savoir-faire est, elle-même, conditionnée par ces apports de capitaux.

Dans ce contexte plusieurs incertitudes demeurent. De nombreuses questions se posent quant à l'efficacité réelle des mesures prises ou envisagées pour générer des rapports de confiance entre les partenaires et pour réduire les risques de déséquilibres.
  1. Quelle compensation à la perte des recettes douanières des Etats du Sud (jusqu'à 30 % de leur budget) alors que les moyens financiers du programme MEDA ne sont pas à la hauteur des enjeux, alors que l'évolution des investissements directs européens au Sud reste très en dessous du niveau attendu ?

  2. Comment les entreprises du Sud, et plus particulièrement les PME-PMI, qui ne seront plus "protégées" sur leur marché par les droits de douane, survivront-elles face aux importations libérées et à leur situation financière souvent précaire ?

  3. Les programmes de mise à niveau des entreprises du Sud, actuellement mis en place avec l'appui de la Commission européenne, participent-ils de manière suffisante à la dynamique du développement local ? La méthodologie retenue pour le processus de mise à niveau correspond-elle à la réalité des entreprises du Sud ? Quelle est l'attitude du secteur bancaire pour participer aux actions à mettre en œuvre par les entreprises ?

  4. Quelle place tient la formation du "capital humain", la formation professionnelle dans cette politique de mise à niveau ?

  5. Les échanges de savoir-faire et de connaissances technologiques sont-ils reconnus à leur juste valeur ?

  6. Ne confond-on pas trop souvent le partenariat d'entreprises avec la nécessité d'investissements financiers conjoints ?

  7. Quels obstacles se dressent face aux investissements financiers européens tant attendus dans les pays du Sud ?